Quelques conseils

Spectacle pour enfants et adultes La magie constitue un art qui s’acquiert. On ne naît pas magicien, on le devient par l’étude, par une pratique qui donne à la fois de la subtilité à l’esprit et de l’adresse aux mains.
Même, pour devenir un magicien de premier ordre, il faudrait se résoudre à apprendre les éléments de la physique et de la chimie, afin de tirer parti des phénomènes qu’elles savent produire.

On pourrait ajouter que la connaissance de la mécanique est d’un grand secours au magicien, en ce qu’elle lui permet de construire des appareils qui agissent d’eux-mêmes. Mais, pour ce qui nous occupe, ces appareils n’ont qu’une très faible importance, attendu que leur conception exige beaucoup de temps et de recherches, et que leur fabrication est généralement onéreuse. Ce que nous désirons, n’est-ce pas, c’est parvenir à exécuter, sans un excès d’études préalables, des tours de magie amusants, nous envisageons la magie, non point comme une carrière, mais comme un délassement et nous lui demandons de rester simple et facile, afin que sa pratique ne dépasse pas les moyens limités d’un néophyte dont la bonne volonté doit le plus souvent tenir lieu de talent et dont le budget n’autorise pas de dépenses exagérées.

 Nous nous contenterons donc de la réalisation de tours élémentaires en spectacle enfants aussi bien, sans viser plus haut, aurons-nous un champ d’action assez vaste.

Avant d’attaquer le sujet, prenons bien nos précautions, mettons tous les atouts dans notre jeu. Apprêtons-nous à nous conformer sans exception aux règles suivantes, auxquelles doit sans cesse obéir tout magicien .

I° Quand vous donnerez un spectacle de magie à Paris ou ailleurs, ne le prolongez pas trop, de peur de contraindre votre public à une continuité d’attention qui le fatiguerait. Même des meilleures choses, il ne faut pas abuser: une heure trente de spectacle de magie, c’est la durée maxima.

2° Graduez vos tours de magicien de telle manière que, vous alliez toujours de plus fort en plus fort. Il est évident que si, dès le début d’un spectacle de magie, vous exécutez vos tours les plus extraordinaires, celles qui viendront ensuite ne captiveront que très médiocrement votre public.

3° Soyez toujours correct dans votre tenue et dans vos discours, mais évitez d’être froid et guindé. Ayez une gaieté communicative, sachez lancer à propos une plaisanterie de bon goût. Surtout, n’ayez pas l’air de réciter une leçon apprise d’avance.

4° N’annoncez jamais de façon précise dans vos spectacles de magie la nature du tour que vous vous proposez d’exécuter. Quelque habile que vous soyez, il peut, en effet, arriver que vous ayez un moment d’oubli ou de maladresse, et que vous n’aboutissiez pas au résultat que vous vous étiez proposé d’atteindre. Or, si vous n’avez pas indiqué d’avance ce résultat, si le public ne sait pas exactement à quoi vous vouliez arriver, vous pourrez, avec du sang froid et quelque habileté, vous tirer aisément d’affaire en modifiant la tournure de l’expérience. En tout cas, si vous éprouvez une déconvenue, gardez-vous de le laisser paraître. Si la première vertu du magicien est l’adresse, la seconde est l’aplomb. N’avouez donc jamais. une défaite; vous perdriez par cet aveu la confiance du public et le prestige dont vous devez être sans cesse couvert subirait une atteinte dont vous vous ressentiriez de la façon la plus fâcheuse.

5° Gardez-vous de demander l’indulgence du public comme un spectacle de marionnettes. Ou, si vous le faites, que ce soit en des termes tels que votre assurance perce derrière une modestie seulement simulée. Comment voudriez-vous en imposer à quelqu’un à qui vous commenceriez par avouer que vous êtes un maladroit?

6° Il est bon, afin que l’on ne devine pas vos secrets, d’induire le plus possible le public en erreur sur vos façons de procéder. En magie, la feinte est nécessaire , nul auxiliaire n’est plus puissant. Mais la feinte demande à être exécutée avec beaucoup d’adresse .Il faut que le public la prenne pour une réalité. Aussi ne saurait- on admettre, au nombre des feintes permises, de grossières maladresses volontairement accomplies; ce sont là des trucs qui ne trompent personne, et qui, neuf fois sur dix, sont de mauvais goût.

7° Gesticulez le moins possible en spectacle: c’est un mauvais expédient que de chercher à cacher ce que l’on fait en agitant continuellement les mains et les bras. Le beau, c’est d’être simple, de paraître toujours naturel et toujours à son aise, d’agir sans fièvre apparente en opérateur sûr de soi.

8° Ne vous servez de compère en spectacle de magie que si vous ne pouvez absolument pas vous en passer. D’abord, parce que là où il y a compère, il s’agit, non plus de prestidigitation, mais d’une farce sans mérite ; ensuite, parce que vous n’êtes pas certain de la discrétion d’autrui, et qu’un compère, si judicieusement que vous l’ayez choisi, peut se laisser entraîner à dévoiler le secret dont vous l’avez fait dépositaire et à trahir la confiance que vous avez mise en lui.

9° Que vos boniments soient invariablement débités dans une langue correcte, sans pédantisme et sans vulgarité. Évitez en spectacle de magie les plaisanteries d’un goût douteux, les personnalités qui pourraient blesser, les allusions désagréables, les calembours. En un mot, restez toujours de bonne éducation.

10° Il va presque sans dire que vous ne devrez risquer aucun tour de magie en spectacle avant d’être certain de le réussir. Vous ne sauriez trop vous exercer d’avance, seul avec vous-même, de manière à ce que vous puissiez, le moment venu, présenter vos expériences avec la grâce que donne la facilité et la confiance en vous-même sans laquelle vous seriez mal à votre aise. Il n’est pas de succès possible sans de sérieuses répétitions.

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